Finances & assurance

Comprendre les avantages fiscaux pour les seniors après 60 ans

Par Maxime
6 minutes

Démêler les dispositifs fiscaux réservés aux plus de 60 ans

Avec l’âge, les sources de revenus, les besoins et la situation patrimoniale évoluent. C’est pourquoi la loi prévoit un ensemble d’avantages fiscaux qui visent à alléger la charge des impôts pour les seniors. Qu’il s’agisse d’allègements sur le revenu, d’aménagements pour la taxe foncière ou de niches spécifiques, il s’agit de connaître les grandes règles du jeu pour optimiser sa situation fiscale après 60 ans. Décryptage pratique pour agir en toute sérénité.


À partir de quand peut-on bénéficier d’avantages fiscaux ?

En France, certains dispositifs s'activent dès 60 ans, d’autres à l’âge légal de la retraite (62 ou 64 ans selon l’année de naissance), ou encore dès l’obtention d’une pension (retraite, invalidité). Les seuils d’âge à retenir :

  • Dès 60 ans : exonération sur certains produits d’épargne, réduction de taxe d’habitation (supprimée totalement en 2023), apparition de seuils spécifiques pour l’abattement sur revenus.
  • À partir de 65 ans : abattement supplémentaire sur le revenu, exonérations partielles de taxe foncière et de CSG selon situation et revenus.
  • En situation de dépendance ou d'invalidité : allocations et abattements renforcés, quel que soit l’âge.

Revenus : abattements et allègements dédiés aux seniors

L’abattement supplémentaire pour les plus de 65 ans

La fiscalité sur l’impôt sur le revenu réserve un abattement (réduction de la base imposable) pour les personnes ayant atteint 65 ans au 31 décembre de l’année d’imposition ou titulaires d’une carte d’invalidité. Son montant dépend du revenu global :

  • 2 746 € (2024) d’abattement pour un revenu net global imposable inférieur à 16 410 € pour une part de quotient familial.
  • 1 373 € lorsque le revenu net global imposable est compris entre 16 410 € et 26 400 €.

Cet abattement s'applique par personne. Les couples mariés ou pacsés, tous deux âgés de plus de 65 ans ou invalides, doublent donc le montant.


Exonérations spécifiques des pensions de retraite

  • Exonération de CSG/CRDS/CSA : Selon le « revenu fiscal de référence », certains retraités bénéficient d’une exonération partielle ou totale (ou d’un taux réduit) des contributions sociales sur leur pension.
  • Abattement forfaitaire de 10 % sur les pensions : Toutes les retraites bénéficient d’un abattement automatique de 10 % sur le montant imposable (minimum et plafond définis chaque année).

En cumulant l’abattement retraite et l’abattement « senior », la base d’imposition peut être allégée de façon significative.


Exonération sur certains produits d’épargne

  • L’assurance-vie ouverte depuis plus de huit ans permet, après 70 ans, de bénéficier de conditions de taxation allégées sur les retraits, avec un abattement annuel accru.
  • Les produits comme les PEA ou PEL bénéficient d'une fiscalité avantageuse sur les gains et intérêts après le départ à la retraite.

Quelles exonérations ou réductions sur la fiscalité locale ?

Taxe foncière : des cas d’exonérations ou de dégrèvement

La taxe d’habitation a disparu pour la résidence principale depuis 2023, mais la taxe foncière reste applicable aux propriétaires. Toutefois, plusieurs dispositifs « seniors » existent :

  • Exonération totale pour les bénéficiaires de l’ASPA (ex-minimum vieillesse), de l’ASI ou de l’AAH, ou de plus de 75 ans sous plafond de revenus.
  • Dégrèvement automatique de 100 % à partir de 75 ans pour la taxe foncière sur l’habitation principale (limite de ressources à respecter).
  • Plafonnement de la taxe foncière à 50 % des revenus en cas de faibles ressources.

Taxe sur l’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) et autres taxes locales

Si vous bénéficiez d’une exonération de taxe foncière, vous pourrez également, sur demande, être exonéré de la TEOM, souvent appliquée sur la même base par les collectivités.


Focus sur l’avantage du quotient familial pour les seniors

L’avantage fiscal procuré par chaque demi-part de quotient familial prend une forme spécifique chez les seniors. Certains se retrouvent, par exemple, en situation d’isolement (veuvage, célibat, divorce) ce qui, sous conditions, ouvre droit à une demi-part supplémentaire :

  • Veufs/veuves sans personne à charge n’ayant pas vécu en concubinage ou en couple depuis le décès : 1,5 part totale.
  • Parents isolés avec un ou plusieurs enfants majeurs à charge/attachés : 2 parts ou plus.

Niches fiscales et crédits d’impôt spécifiques aux plus de 60 ans

Réduction pour emploi d’un salarié à domicile

Les seniors qui emploient une aide à domicile pour l’entretien, l’assistance ou le jardinage bénéficient d’un crédit d’impôt de 50 % des dépenses engagées (dans la limite de plafonds). Ce dispositif concerne aussi bien ceux qui emploient directement que ceux qui recourent à une entreprise ou une association agréée.


Crédit d’impôt pour adaptation du logement à la perte d’autonomie

  • Bénéfice du crédit d’impôt « adaptation du domicile » pour des travaux facilitant le maintien à domicile : installation de monte-escaliers, barres d’appui, douches sécurisées, etc. (Taux : 25 % du montant des travaux, plafonné, accessible sans condition de ressources jusqu’en 2025).

Des aides locales ou de l’ANAH peuvent se cumuler avec ce crédit d’impôt, selon l’ampleur des travaux et les ressources du foyer.


Dons et versements à certaines associations

Les seniors donateurs bénéficient, comme tout contribuable, d’une réduction d’impôt de 66 à 75 % du montant donné à des organismes reconnus d’utilité publique, jusqu’à certains plafonds. Cette action solidaire se double donc d’une économie fiscale.


Check-list pratique : optimiser sa situation fiscale après 60 ans

  • Je vérifie mes seuils de revenus (voir sur mon avis d’imposition ou sur impots.gouv.fr) pour bénéficier des abattements ou exonérations.
  • J’informe l’administration fiscale de tout changement : passage à la retraite, veuvage, invalidité, situation de dépendance.
  • Je sollicite, si besoin, une simulation en ligne d’impôt sur le revenu ou de taxe foncière.
  • Je conserve tous les justificatifs de dépenses éligibles (factures, attestations, contrats de dons, etc.).
  • Je compare l’intérêt des différents placements (assurance-vie, PER, PEA, etc.) en tenant compte de ma fiscalité après 60 ans.

Quelques pièges à éviter

  1. Ne pas signaler sa nouvelle tranche d’âge ou son passage à la retraite : certains allègements sont accordés automatiquement, mais d’autres nécessitent une déclaration spécifique ou une demande auprès des impôts.
  2. Penser que tous les avantages sont valables de façon permanente : certains dispositifs (comme l’exonération de taxe foncière à 75 ans) dépendent du niveau de ressources examiné chaque année.
  3. Oublier les seuils : un dépassement, même minime, peut entraîner la perte de certains abattements ou exonérations.

Retours d’expérience : seniors face à la fiscalité

  • « Je ne savais pas que je pouvais bénéficier d’un abattement sur le revenu dès mes 65 ans. Le site des impôts m’a proposé une simulation qui m’a permis de revoir mon imposition et de prévenir mon conseiller retraite. » (Michèle, 68 ans)
  • « Après 75 ans, j’ai été intégralement exonéré de taxe foncière sur ma résidence principale. Il faut bien vérifier chaque année si les revenus restent sous le plafond. » (Paul, 77 ans)
  • « Les crédits d’impôt pour emploi d’aide à domicile et aménagement de salle de bain m’ont permis de rester chez moi malgré ma perte de mobilité. Le coût final a été bien inférieur à ce que je craignais. » (Claudette, 72 ans)

Zoom prévention : faire appel aux bons interlocuteurs

  • Centres des finances publiques : Chaque mairie ou centre propose un accueil dédié, souvent avec des permanences pour les questions de retraite et de succession.
  • Services sociaux ou conseillers retraite des caisses de retraite : Aident à identifier les aides cumulables et à éviter les oublis.
  • Sites officiels (impots.gouv.fr, service-public.fr) : Simulateurs, FAQ, tableaux récapitulatifs régulièrement mis à jour.
  • Associations spécialisées (UDAF, France Assos Santé, UFC-Que Choisir) : Conseils neutres et aide à la constitution des dossiers complexes.

Avoir une visibilité sur ses droits fiscaux, c’est préserver un meilleur pouvoir d’achat et sécuriser son projet de vie. Se faire accompagner et anticiper les démarches sont souvent les meilleurs moyens d’éviter les surprises et d’oser profiter pleinement de sa retraite, sans alourdir l’esprit de questions administratives !

En résumé : l’accès aux avantages fiscaux, une clé du « bien vieillir »

La fiscalité des seniors s’est construite pour répondre aux enjeux du vieillissement, de la baisse des revenus et du maintien à domicile. Abattements, exonérations, plafonds spécifiques, crédits d’impôt pour prévenir la dépendance : autant de mesures qui nécessitent de se tenir informé et d’agir en amont.

Prendre quelques instants pour vérifier ses droits, se rapprocher d’un conseiller ou utiliser les outils en ligne, c’est s’assurer des économies substantielles, souvent déterminantes pour le confort de vie après 60 ans.

N’hésitez pas à solliciter plusieurs avis (fiscaux, sociaux, associatifs) afin de mettre toutes les chances de votre côté – parce que chaque situation mérite une réponse parfaitement adaptée.

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