Aidants & proches

Faire face aux situations d’urgence : bons réflexes pour aidants

Par Maxime
6 minutes

Réagir efficacement face à l’imprévu : mode d’emploi pour celles et ceux qui accompagnent un proche


Aider au quotidien un parent âgé, un conjoint fragilisé ou un ami dépendant, c’est leur offrir réconfort, stabilité et écoute. Mais face à l’imprévu – malaise, chute, accident domestique ou aggravation brusque d’un état de santé – tout aidant se retrouve un jour confronté à des situations d’urgence. Savoir comment agir, qui alerter et quels gestes accomplir est alors déterminant pour la sécurité et le rétablissement du proche aidé – mais aussi pour préserver son propre sang-froid.
Dans cet article pratique, nous passons en revue les réflexes essentiels à adopter, les outils à préparer et les dispositifs qui soutiennent les aidants dans ces moments délicats. Des conseils concrets, des check-lists et des témoignages pour mieux anticiper l’urgence… et y faire face avec confiance.


Comprendre ce qu’est une situation d’urgence à domicile


Une “urgence” se définit par la nécessité d’agir vite pour sauvegarder la santé, parfois la vie, ou limiter les conséquences d’un accident. Chez une personne âgée ou en perte d’autonomie, ces situations sont souvent liées à :


  • Une chute (avec ou sans blessure apparente)
  • Un malaise soudain (perte de connaissance, trouble de la parole, faiblesse brutale...)
  • Un accident domestique (brûlure, coupure, intoxication, incendie…)
  • Des troubles du comportement aigus (agitation, confusion, fugue)
  • Une aggravation brutale d’une maladie chronique (insuffisance cardiaque, crise d’asthme, etc.)

Le stress du moment peut faire perdre ses moyens. Se préparer (mentalement et matériellement) à ces éventualités limite grandement les risques.


Anticiper et se former : les bases à connaître pour chaque aidant


Avant toute situation critique, il est essentiel d’anticiper les besoins et d’acquérir les bons gestes :


  • Participer à une initiation aux premiers secours (gestes qui sauvent, alerte, massage cardiaque, mise en position de sécurité, etc.). De nombreuses collectivités, associations (Croix-Rouge, Protection Civile) ou centres d’incendie proposent des formations courtes, adaptées aux aidants.
  • Préparer un dossier d’urgence : une pochette accessible (ou une fiche visible sur le frigo) comprenant :
    • Photocopie de la carte d’identité et Carte Vitale du proche
    • Liste à jour des traitements, allergies, antécédents médicaux
    • Ordonnances récentes
    • Coordonnées du médecin traitant et des spécialistes
    • Numéros des proches à prévenir
  • S’équiper d’un téléphone chargé en permanence avec les numéros d’urgence préenregistrés (15, 18, 112…)
  • Identifier précisément l’adresse et l’accès au domicile pour les secours : code d’immeuble, étage, description de la porte, etc.
  • Envisager l’installation d’un dispositif de téléassistance pour un déclenchement rapide de l’alerte en cas d’absence de l’aidant.

Savoir alerter : qui appeler et comment décrire la situation ?


Selon la gravité, plusieurs numéros existent :


  • Le 15 (Samu) : urgence médicale, malaise, détresse vitale, douleur aiguë.
  • Le 18 (Pompiers) : accident, chute, brûlure, incendie, secours à personne.
  • Le 112 (numéro d’urgence européen) : à utiliser partout en Union européenne ou si l’on ne se souvient plus du bon numéro.

Lorsque vous appelez :


  1. Présentez-vous et expliquez votre lien avec la personne (fils, conjointe, auxiliaire…).
  2. Décrivez la situation (type d’urgence, circonstances, symptômes observés).
  3. Donnez l’adresse exacte et toutes infos pour permettre aux secours d’accéder rapidement.
  4. Répondez calmement à toutes les questions : âge du proche, état de conscience, respiration, antécédents, traitements en cours.
  5. Notez toute instruction et ne raccrochez jamais en premier.

Les bons gestes à adopter en attendant les secours


Ce que vous faites dans les premières minutes peut changer l’issue de la situation :


  • Si la personne respire et est consciente : rassurez-la, installez-la confortablement, surveillez l’évolution de ses symptômes, recueillez si possible ses propos ou gestes inhabituels.
  • En cas de perte de connaissance : vérifiez qu’elle respire. Si oui, placez-la en position latérale de sécurité (PLS). Sinon, suivez les instructions des secours pour commencer un massage cardiaque si besoin.
  • Pour une chute sans gravité évidente : ne relevez pas précipitamment la personne. Examinez la douleur, cherchez un hématome, une déformation ou une impossibilité de bouger. Interrogez le proche sur ce qu’il ressent et attendez que les professionnels évaluent.
  • Pour une brûlure ou une coupure : rincez abondamment à l’eau froide (15 min), protégez sans frotter, ne percez pas les cloques, n’appliquez rien sans avis médical.
  • Face à un comportement confus ou anormal : éloignez les objets dangereux, rassurez, évitez les stimulations inutiles, et surveillez l’évolution.

Eviter les erreurs classiques : points de vigilance essentiels


  • Ne donnez jamais de médicaments “en plus” pour calmer la douleur sans avis.
  • N’essayez pas de soulever seul une personne tombée (risque de blessure pour l’aidant et l’aidé).
  • Gardez toujours la pièce accessible (porte ouverte, chaussure visible)
  • Vérifiez régulièrement la validité du dossier d’urgence (traitements, coordonnées).
  • Ne minimisez pas un trouble du comportement ou une confusion récente.

Focus : les outils technologiques au service des aidants


Le numérique offre de nouveaux appuis pour agir plus rapidement et rassurer la famille :


  • Téléalarme ou pendentifs connectés : portés au poignet ou autour du cou, ils permettent au proche de déclencher l’appel d’urgence d’un simple geste (24h/24, avec relais vers les secours ou la famille).
  • Applications professionnelles de suivi médical / d’aide-mémoire : rappellent les traitements, alertent d’une prise manquée ou permettent au médecin de suivre à distance les paramètres clés.
  • Serrures “intelligentes” : facilitent l’accès aux secours sans forcer la porte et rassurent sur la sécurité du domicile.

Quelques structures départementales ou CCAS proposent aussi le prêt temporaire de dispositifs anti-chute ou la visite à domicile par des ergothérapeutes pour limiter les risques.


Check-list : que préparer chez soi pour une réactivité maximale ?


  1. Ranger et baliser les chemins de passage (éclairages nocturnes, tapis fixés, absence d’obstacles).
  2. Tenir un annuaire à jour (médecins, voisins, pharmacie, associations locales d’aide d’urgence).
  3. Equiper le téléphone avec les numéros ICE (“In Case of Emergency”, à noter dans les contacts du portable).
  4. Veiller à la présence d’une trousse de premiers secours simple et vérifiée (gants, compresses, désinfectant, couverture de survie).
  5. Signaler toute pathologie ou risque majeur aux référents santé du quartier ou à l’infirmier de secteur.

Se préserver : gérer le stress et l’après-urgence


Après chaque événement, même s’il se termine bien, l’aidant ressent souvent un contrecoup :


  • S’accorder un moment pour souffler et exprimer ses émotions (à un proche, un professionnel ou un soutien associatif).
  • Noter par écrit ce qui a été fait, ce qui a fonctionné ou ce qui pourrait être amélioré pour la prochaine fois.
  • Ne pas hésiter à consulter si un stress, un sentiment de culpabilité ou des troubles du sommeil persistent.

Réseaux et ressources pour ne pas rester seul


  • France Alzheimer, France Parkinson, APF France Handicap… : associations spécialisées proposant guides, formations et écoute.
  • Plateformes “Réseaux d’Aidants” départementales : conseils gratuits, prêts de matériel, groupes d’échange.
  • Maison des aidants/CCAS : orientation vers des professionnels, information sur les aides financières et juridiques en cas de dépendance brutale.
  • Sites et forums d’entraide : témoignages, listes d’astuces concrètes, nouveautés en domotique ou téléassistance (ex : www.aidants.fr, www.solidaires-handicaps.fr).

Quel que soit votre parcours, rappelez-vous : “On ne naît pas aidant, on le devient.” C’est en s’informant, en s’entourant et en se formant que chaque situation d’urgence peut être mieux gérée – et que vous préservez durablement votre équilibre comme celui de votre proche.

Paroles d’aidants : leurs réactions face à l’imprévu


  • Elise, 61 ans : “Le jour où ma maman s’est évanouie dans la cuisine, j’ai appelé le 15 sans hésiter grâce à la fiche collée sur le frigo. Les secours sont arrivés vite, et le médecin a salué notre préparation : ce sont ces détails qui font gagner de précieuses minutes.”
  • Pierre, 68 ans : “Un casque de chute et une téléalarme nous ont permis d’être réactifs la nuit où mon épouse s’est fracturé le poignet. Depuis, notre entourage a accès au trousseau de clés d’urgence.”
  • Sandrine, 54 ans : “Je redoutais d’agir seul en cas de malaise, mais la formation premiers secours proposée gratuitement par ma commune m’a donné confiance. J’ai aussi appris à gérer le ‘après’, à en parler et à ne pas rester avec mes inquiétudes.”

À retenir : anticiper, s’informer, ne jamais agir seul


Face à une situation d’urgence vécue à domicile avec un proche fragilisé, chaque minute compte. Préparer outils et gestes à l’avance, savoir alerter, mais aussi reconnaître ses propres limites permet à l’aidant de garder la tête froide tout en protégeant l’autonomie et la dignité du proche. S’appuyer sur les ressources locales, demander conseil et se former, c’est faire le choix de la prévention, du soulagement de la charge mentale et d’un accompagnement pérenne.
N’hésitez pas à créer votre propre check-list, à échanger avec d’autres aidants et à solliciter les professionnels du secteur : ensemble, il est bien plus facile de franchir les caps les plus sensibles de la vie à domicile… et de rebondir, plus fort, après l’urgence.


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